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Chronique //


Je vous écris d’Afghanistan

Notre action en Afghanistan ne se raconte pas seulement en chiffres et en principes généreux, c’est aussi une vie au quotidien avec ses espoirs, ses satisfactions, parfois ses déceptions.
Pour donner une voix à l’action du terrain, nous nous ouvrons ici à la parole d’une volontaire partie accomplir une mission à Kaboul.
Aujourd’hui, Fabienne raconte son expérience. Cette pharmacienne, qui vit dans l’Eure, a déjà mené plusieurs missions humanitaires en Ouganda, au Libéria, au Darfour, et en Afghanistan pour La Chaîne de l’Espoir.
Cet été, elle est retournée à Kaboul avec la charge de structurer la pharmacie de notre Hôpital. En attendant sa prochaine mission d’octobre, voici ses dernières impressions de Kaboul, fin août 2008.



Le 7 novembre 2008

Salut à tous,

Cette semaine est un peu spéciale : nous avons en même temps une mission cardiaque, c’est-à-dire un chirurgien, un perfusionniste et deux infirmières plus un technicien biomédical.
En même temps, deux techniciens français installent les arrivées d’oxygène dans les services qui en étaient dépourvus. En parallèle se tient le POC, le conseil d’administration des 4 instances qui président à la destinée de notre hôpital, à savoir la Chaîne de l’Espoir, la Fondation Aga Khan, l’état français et l’état afghan.

Après un déjeuner tardif de brochettes dans un de nos repaires favoris, nous sommes allés (re)voir la maison des enfants de Kate. Un petit bonhomme y faisait de la balançoire avec un genre de prothèse destiné à lui maintenir ce qui lui restait de jambe en attendant une greffe osseuse : Kate nous a montré la radio de sa jambe, le péroné apparaît bien, mais le tibia est en pointillé … ostéomyélite. Où trouvera-t-on les 40 cm d’os qui lui manquent ?

J’ai retrouvé le papa (ou le grand-père ?) pour lequel à la pharmacie de l’hôpital j’avais dessiné sur un papier l’explication du traitement antituberculeux de son fils (ou petit-fils). Il a une magnifique barbe blanche et des yeux d’une grande bonté dans un visage tout plissé d’âge et de soleil…

Le gamin est allongé tout triste dans son lit aux draps bariolés, il a à la main des crayons de couleur et à côté de lui des albums de dessins mais semble absent … il finira par faire un timide sourire tandis que crépitent les flashes sur le visage du vieillard.

Des mamans à l’étage bercent leurs petits, un tout bébé emmailloté serré dans ses langes blancs tenus par des bandes bariolées, a des allures de Jésus asiatique. Sa mère, effrayée par nos appareils, le pose sur une grosse vache en peluche et s’enfuit ! Las, le bébé mal équilibré perd l’équilibre et serait tombé si Marie-Paule ne s’était pas précipitée pour le rattraper !

J’ai dû repartir à l’hôpital ensuite, pour m’occuper de réceptionner une livraison, puis essayer de trouver un médicament en urgence.

Je vous embrasse tous fort, la vie continue !

Fabienne



Le 31 octobre 2008

"Cher tous,

Evidemment, après Bamyan, la vie semble un peu terne… En plus, il y a beaucoup de départs en ce moment (…) tous là pour des missions de 6 mois ou plus, donc des gens avec qui on a le temps de créer de vrais liens…

Il y a eu moult pots, déjeuners et dîners de départ ces derniers jours. C’était à la fois sympa et attristant, parce que ces jours-là, bien sûr, on met de côté tous les petits différends qui nous ont opposés, on ne voit plus que l’absence à venir !

Côté boulot, puisqu’on est un peu là pour ça aussi, j’avais vraiment le moral en berne cette semaine : les commandes faites à l’AKUH, l’hôpital de l’Aga Khan à Karachi qui est supposé nous fournir en médicaments de bonne qualité, n’arrivent pas : la moitié seulement de la commande passée en … avril… a été livrée. Rien sur la commande de juin… et nous passons en ce moment une commande qui arrivera, inch’Allah, avant décembre… 2009 !
Un signe encourageant pour l’Afghanistan, cependant : avant-hier, nous avons reçu la visite de deux représentants pakistanais de la firme danoise Novo, qui s’installent à Kaboul et se disent capables de garantir la chaîne du froid pour leurs produits !


A part ça, la vie est plutôt tranquille, il y a plutôt moins d’hélicoptères au-dessus de la ville et plus de soldats et de policiers dedans, les embouteillages sont toujours aussi denses, la poussière aussi omniprésente, et il y a toujours autant d’huile dans le riz de la cafeteria…

Enfin, on a eu notre propre petite secousse quelques jours avant le tremblement de terre du Pakistan : un soir j’ai vu ma bouteille d’eau qui frissonnait sur ma table de nuit, le lendemain a six heure moins le quart, c’est mon lit qui a eu le hoquet !

A tout instant il se passe quelque chose en Afghanistan !

Je vous embrasse fort,

Fabienne

PS : avant que vous ne dépensiez ce qui vous reste de sous en gadgets inutiles pour Noël, pensez aux enfants qui vont nous arriver cet hiver : au mieux dénutris ou bronchiteux, au pire… il n’y a pas de pire, il y a toujours pire. On manque de donateurs à la Chaîne de l’Espoir, c’est 96 rue Didot 75014 Paris. Faites au mieux, ça sera déjà beaucoup !"



Le 21 octobre 2008

"Salut a tous,

Pour ceux qui liraient les journaux, l'expatriée tuée hier était bien anglaise et n'avait rien a voir avec notre hôpital. Bien sur, nous allons redoubler de prudence...

Nous avons donc eu bien raison d'aller a Bamyan et Band e Amir le week end dernier! En fait de week end, c'était même 4 jours, et même pas 2 semaines après mon arrivée, c'était un peu osé de prendre déjà 4 jours de vacances... mais l'occasion fait le larron, et les deux expats avec lesquels je suis partie, quittent l'Afghanistan d'ici qqs jours, et puis ce sera l'hiver avec des routes impraticables, etc... Donc, mercredi dernier, nous partons au petit matin, 6h, dans la 4x4 de la societe Afghan taxis.

Vallee tres agricole, tres verdoyante et prospere. Verger, champs de gros oignons rouges en pleine recolte, boeufs en train de fouler les recoltes de mais, ou atteles pour les labours. Rien que de la beaute apres la poussiere de Kaboul - mais nous n'en sommes pas exemptes: a chaque vehicule croise ou suivi nous devons remonter les vitres pour eviter l'asphyxie! Le rouge initial de la voiture n'est rapidement plus qu'un lointain souvenir, et nos cheveux, nos narines et nos vetements s'impregnent peu a peu de la poudre blanche de la route..

Passage du col de Shyber, a 2960m d'altitude, un vallonnement lunaire entoure de hautes montagnes ou quelques plaques de neige fraiche se dessinent deja. Quelques carcasses de tanks nous rappelent que la aussi, la guerre est passee.

Descente vers la vallee de Bamyan, passage de gorges impressionnantes, des murs verticaux au mileu de chaos rocheux, tantot d'un blanc crayeux, tantot dans les terre de Sienne brulee. Nous mangeons (brochettes!) dans une chaikhana (litteralement maison de the) au sortir d'un goulet, il est 13h et le soleil peine a se frayer un chemin au fond de la gorge.

La vallee s'elargit ensuite, au milieu coule une riviere aux eaux turquoise, et des canaux d'irrigation en partent pour arroser quelques champs. Etonnement, des peupliers tous de meme taille, bordent la riviere. Fruit du hasard ou action d'une ONG?

Tout le long de la route, des pans entiers de montagne, des champs entiers dans les vallees, sont quadrilles et marques a la peinture blanche: les demineurs sont a l'œuvre.

Des ouvriers charrient a la pelle et a la brouette les cailloux des gravieres. Voient-ils le soleil parfois? Ils logent apparemment dans des tentes, nous en verrons au retour, de bonne heure, se serrant frileusement autour d'un maigre feu... Dure condition.

Nous arrivons a Bamyan, de loin deja les fameuses falaises s'annoncent. C'est deja la fin de l'apres midi: il est 15h et le soleil se couche a 17h-17h30. Nous foncons a la Guesthouse de la societe de taxi, confortable: les salles de bain communes ont meme l'eau chaude, mais pour entrer dans les toilettes a la turque qui jouxtent notre chambre, meme moi, je me cognerai la tete!!!

Le chauffeur nous emmene voir les falaises s'enflammer au soleil couchant, tandis que les ombres envahissent doucement les niches vides des grands bouddhas... Difficile de decrire la grandeur et la beaute de cette vue... A nos pieds, la ville, grouillante d'activite, a notre gauche en bas, les champs, ou les paysans ramenent leur betes pour la nuit, au loin devant nous la falaise des bouddhas avec en arriere plan et en degrade des montagnes plus hautes encore, de part et d'autre la vallee s'etend presque a l'infini et la brume en cache les confins, et derriere nous la masse imposante du Koh e Baba, la montagne du grand pere, au sommet enneige...

Nous laissons ensuite le chauffeur à la Guest et partons a pied a travers champs acheter des patous (chale-manteau-nappe ou serpilliere, le patou sert a tout!) et quelques fruits pour le diner. Nous sommes las des kebabs!

Le lendemain jeudi, petit dej sur la terrasse, le froid est bien mordant malgre le soleil.
Retour au Bamyan roof pour la vue de la falaise, version soleil levant, pas mal non plus, mais la lumiere est plus dure. Nous prenons les tickets pour la visite des bouddhas Rencontre d'un archeologue allemand qui vient passer qqs semaines tous les ans pour la sauvegarde du site. Il nous explique ce qu'il faut voir et nous met en garde: on a retrouve la veille des explosifs dans une des niches, et il y a deux jours un demineur a ete tue par une mine dans les environs.

La niche du grand bouddha (56m) ne se visite pas mais celle du petit bouddha (38m) est entouree par un double escalier taille dans la roche et qui dessert plusieurs plateformes et de nombreuses niches de meditation.

Nous avons vu d'abord les moutons, noirs sur la roche blanche, puis la famille, des femmes et des fillettes en robes et chales plein de couleurs, ravissantes fillettes a la peau brune et aux yeux rieurs, des tout petits, la morve au nez et les joues craquelees de soleil, les aines aux yeux plisses et au visage tisse de rides. Les femmes preparaient un brouet au fumet appetissant, porridge et viande, dans une grande marmite qui tronait majestueusement sur un maigre feu. Devant le feu chauffait une aiguiere toute noircie, on se retrouvait dans une scene biblique... Le baba avait les deux mains coupees au ras des poignets, par un obus russe disait-il. Peu credible. Quelqu'un lui avait fabrique un genre de bracelet en metal soude a une cuiller dont il se servait tres adroitement pour manger Nous avons eu du mal a les quitter. J'ai quemande un petit morceau de leur pain brun, le meilleur que j'aie jamais mange. Gout et sentiment melanges.

Dans cette vallee a l'aspect desole, nous sommes passes devant des maisons nouvellement construites. Aziz nous a dit que c'etaient des 'returnees' revenus de leur exil en Iran. Si loin de la ville, dans un lieu si ingrat, mais de quoi vivent-ils??? Pas un champ possible, des maisons en brique crues tassees au pied de falaises pretes a s'ecrouler, pas un vehicule en vue a part le notre... Quelques pompes tout de meme, pour l'eau...

2 heures et demie de route plus loin, nous apercevons notre premier lac. Band e Amir, c'est magie pure. Supporte aisement la comparaison avec le Grand Canyon, Monument Valley, Lake Powell, Bryce Canyon... les touristes en moins!
La, je crois qu'il faudra que je vous montre des photos, car les mots ne suffisent pas. Les lacs vont de l'aigue-marine claire au turquoise et au lapis lazuli, les montagnes et les falaises alentour sont blanc-rose, ocre et rouge, et ce silence... Chacun est parti marcher de son cote, jouissant, pas d'autre mot, de cette beaute.

Cote hebergement, c'est sobre: yourte chauffee ou non. Pour ne pas deloger notre hote qui habite LA yourte chauffee, nous avons choisi une des yourtes non chauffees, ou nous avions droit a 4 couvertures par personne environ. La, on aurait du se mefier et partager la yourte chauffee... Apres le diner prepare et servi dans la yourte chaude par le proprietaire (2 oeufs sur le plat et les meilleurs frites d'Afghanistan - sans doute parce que celles-la etaient chaudes, contrairement a celles des restos et de notre cafeteria!) nous sommes alles nous coucher. Et la, c'etait l'enfer en negatif... il a du faire dans les moins dix (une bouteille d'eau a gele en masse dans la voiture) et il ne faisait pas plus chaud dedans que dehors. Les couvertures etaient de mauvaises choses qui devaient servir aux malheureux ouvriers que notre proprietaire retors exploitait pour la construction de son futur hotel (helas...) et je les soupconne d'etre a l'origine des piqures de puces qui ornent desormais mon abdomen. Les puces, pas les ouvriers. Encore que...

Le lendemain, tres tot, assez glauques et tres frigorifies je dois dire, on est alles sur les hauteurs voir le soleil envahir la vallee et illuminer le premier lac, celui du barrage: le barrage est en fait un barrage naturel en fer a cheval, resultat de siecles d'accretions, sur lequel ruisselle l'eau du lac. A son pied, deux petits moulins a grain, et sur son dos, des arbustes dores par l'automne. Quand les premiers rayons ont atteint le lac, des volutes de brumes se sont elevees, tandis que la vallee devenait un eblouissement de lumiere.

Pendant ce temps, plus prosaiquement, mon pied gauche achevait de se transformer en glacon - j'ai mis 45 minutes a le recuperer, directement pose sur le poele de notre hote, qui nous preparait the chaud (bonheur...) et ... oeufs brouilles (sans frites).

A notre retour, un vent froid s'etait leve et les lacs se ridaient et noircissaient, un nouveau the chaud et sucre a ete le bienvenu. On etait morts et le voyage de retour a ete plutot rapide et calme (sauf les cahots) jusqu'a Bamyan. Nos batteries d'appareil photo etaient mortes, elles aussi - sauf celle de Sylvain qui a pu prendre une magnifique image d'anes charges d'enormes paquets de buissons d'epines, fourrage local ou combustible?

L'arrivee dans la guest chaude, la douche chaude, le lit chaud ont ete un regal!

Et le lendemain, on se retapait, dans le plus grand silence faute d'energie, et sans arret-photo faute de batterie, les 7-8 heures de "tape cul" jusqu'a Kaboul.

Qui a dit que c'etait dur, la vie d'expat?

Bon d'accord, aujourd'hui j'ai - en plus des piqures de puces - une creve d'enfer, mais ca valait le coup, non?

Vous embrasse tous fort, de loin et sans microbes,

Fabienne"



Le 8 octobre 2008

"Cher tous,

Voilà juste une semaine que je re-quittais Paris pour Kaboul.

Surprise, Kate nous rejoint à l’enregistrement !

C’est une bénédiction car à l’arrivée à Kaboul, pas de chauffeur pour nous… avec l’Aïd, ils nous ont tout bonnement oubliés, et c’est le chauffeur de Kate, qui nous reconduit à l’hôpital.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, Kate est une figure emblématique, non seulement à la Chaîne, mais en Afghanistan. Outre qu’elle a dirigé pendant des années de guerre l’hôpital Emergency dans la vallée du Panjshir,  puis dirigé l’hôpital du FMIC, elle s’occupe maintenant de la « Maison des enfants ». Dans cette maison située près du FMIC, sont accueillis les petits patients venus des 4 coins du pays avant et après leur séjour à l’hôpital, d’où ils repartent (généralement avec joujoux et vêtements chauds) lorsqu’ils sont assez en forme pour supporter les éprouvants voyages en bus. Elle est si connue partout que lorsque nous passons la douane, c’est tout juste si les douaniers afghans ne lui font pas la bise !

C’est samedi, jour off - mais lendemain d’Aïd, donc nous croisons pas mal de monde à l’hôpital, venus faire l’état des lieux après 4 jours de congés…

Je retrouve avec plaisir une des pharmaciennes juniors qui ne souhaitait pas rester si on l’obligeait à travailler le vendredi : finalement elle s’est décidée à rester et c’est tant mieux, je crois que c’est une fille valable si on lui donne un boulot intéressant.

En revanche beaucoup de pakistanais sont repartis au pays pour les fêtes : le directeur, le financier, le DRH… cet hôpital est un désert directorial !

Enfin, pour ceux qui ont peur d’aller en Afghanistan, faites passer le message : y en a qui sortent de Kaboul et qui reviennent vivants!

A l’hôpital, surprise encore, l’ex-parking à vélo, puis ex-terrain de volley est en plein bétonnage : le futur store – et dont la réserve de médicaments, y logera lorsque l’IRM sera installé à sa place. Je prends une photo tous les matins en montant de la guest house, pour mesurer les progrès. Le bâtiment se monte à une allure vertigineuse mais la quantité de ciment entre les parpaings me laisse rêveuse… même une légère secousse tellurique – et il y en a déjà eu depuis notre arrivée - risque de faire des dégâts !

Le soir, je suis la visite en réa, toujours ce lot de souffrances pour lesquelles il n’y a parfois rien à faire : un minuscule prématuré dont les intestins se nécrosent est en train de mourir sous les yeux de son père,  une fillette squelettique nous regarde avec ses yeux immenses, un magnifique jeune garçon gît dans le coma après un traumatisme crânien, et ses yeux semblent encore nous voir, alors que les médecins ont si peu d’espoir… Et puis cette jeune fille, presque une femme, atteinte d’une méningite tuberculeuse et dans le coma, veillée par sa mère tout enveloppée de voiles et qui semble avoir 80 ans. Et on ne peut s’empêcher de penser devant le regard maternel plein d’anxiété qui vous suit, que cette enfant est non seulement une fille aimée, mais aussi aide à la maison, valeur marchande par son mariage, et assurance vieillesse de sa mère, et que si elle disparaît, c’est tout ce qu’elle représente qui disparaît pour sa mère…

A la pharmacie, toujours les mêmes problèmes, les commandes qui n’en finissent pas de ne pas arriver du Pakistan – c’est moins grave quand le nombre de patients diminue comme en ce moment, après la grande pause du Ramadan, et la baisse d’activité hivernale attendue, mais quand même… Et ce maudit programme informatique si joyeusement dénommé Magic, qui est un vrai cauchemar !

Il y a quelques jours, nous sommes allés au resto avec une médecin allemande qui a travaillé 6 mois au FMIC et un collègue. C’était un soir d’orage sec, et des éclairs gigantesques illuminaient les montagnes à travers de gros nuages gris-ocre, c’était grandiose !

Moins grandiose, de découvrir après le départ du chauffeur … que le resto était fermé !

Au programme encore, aujourd’hui, visite de la maison de Kate et mariage afghan pour moi. La vie continue !

Je vous embrasse tous,

Fabienne"



Août 2008

"Salut a tous,

Voila mon deuxième temps de Kaboul se termine, c'est passe si vite! Encore une fois riche de rencontres et de moments intenses, bons et moins bons... Si tout va bien je repartirai en Octobre. Plus le temps passe et plus je suis contente d'être ici, connaissant plus de monde et plus de choses - notamment des gens que je n'aurai jamais eu l'occasion de rencontrer en France (non, je ne parle pas de Kouchner! enfin, pas seulement... ;-)

Et j'apprends (alors que je suis supposée être celle qui enseigne!) tous les jours aussi, belle leçon d'humilité et de partage!

Il y a quand même 2 ou 3 trucs qui m'embêtent: être incapable de parler Dari, ou ne pas pouvoir conduire dans Kaboul - j'ai encore du mal a me repérer dans cette ville labyrinthe.
Ne pas avoir pu aller a Bamyan (vous savez, là ou les taliban ont détruits les Bouddhas géants). Savoir que mes chances d'aller au Badakhshan, a Herat, Mazar-e-Sharif, Ghazni ou Kandahar sont faibles sinon nulles...

Mais, mais... voila: rencontrer cette jeune femme médecin qui part dans le Wakhan (prenez une carte et regardez: c'est le doigt pointe vers la Chine, altitude moyenne probablement 5000m) et qui cherche des volontaires pour partir avec elle... entendre ce coréen parler de l'aéroport qu'on essaie de construire au Badakhshan pour désenclaver ce coin perdu, et des difficultés rencontrées... cette jeune anglaise de 18 ans demander avec des sanglots des prières pour sa cousine qui a sauté sur une mine...enfin l'amitié réelle qui me lie maintenant avec certains médecins et mon équipe de pharmacie a l'hôpital, tout ce quotidien qui n'a pas de prix, et qui donne du sens à cette vie qu'on mène ici, me fera revenir sans la moindre hésitation.

Je vous embrasse fort"

Fabienne, en mission à Kaboul

Fabienne, en mission à Kaboul










La maison des enfants

La maison des enfants

Bébé à la maison des enfants

Bébé dans la maison des enfants


























Quais de Kaboul

Quais de Kaboul
























































Carte d'Afghanistan

De Kaboul à Bamiyan

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon

Un berger dans la rue

Crédit photo : Sylvain Blanchon











































































































Un berger dans la rue

Berger dans la rue / Photo de Fabienne