Afrique : 20 ans d’action

Dossier Afrique 2012

20 ans d'action

Du transfert d'enfants au transfert de compétences

 

En 1989, les deux premiers enfants malades transférés en France par La Chaîne de l’Espoir pour y être sauvés sont africains et, depuis 20 ans, 4 enfants sur 5 transférés en France pour être soignés viennent d’Afrique.

Plus de 2000 mille enfants ont été soignés dans les deux dernières décennies, auxquels s’ajoutent 100 à 200 cents enfants opérés directement en Afrique par les équipes de La Chaîne de l’Espoir.

Depuis sa fondation en 1988, La Chaîne de l’Espoir travaille sans relâche au développement de la cardiologie et de la chirurgie cardiaque en Afrique – plus spécifiquement dans le domaine pédiatrique.

Si les missions de La Chaîne en Afrique se concentrent particulièrement sur l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Mali, Maroc, Sénégal, Togo), elle coopère également avec d’autres pays du continent, comme l’Ethiopie, le Gabon, Madagascar ou la Somalie.

Dès 1989, La Chaîne de l'Espoir a développé un réseau de médecins pour détecter les enfants atteints de cardiopathies graves nécessitant un transfert en France pour être opérés et sauvés. Mais, consciente que le transfert d’enfants en France ne peut être qu’une réponse ponctuelle et convaincue de la nécessité pour les pays africains de prendre eux-mêmes en charge leurs malades, La Chaîne de l’Espoir a toujours accordé une place primordiale à la formation des équipes médicales et paramédicales.

En collaboration avec les équipes locales, La Chaîne de l’Espoir intervient directement sur le terrain sous forme de missions médicales et/ou chirurgicales associées à des programmes de formation. Elle apporte également son expertise dans la création de structures spécialisées (l’Institut du Cœur de Maputo, au Mozambique) et dans l’équipement de centres existants (le Centre de Chirurgie Cardiovasculaire et Thoracique de Fann, au Sénégal, l’Institut Humanitaire Cardio-pédiatrique de Casablanca, au Maroc).


 

1000 coeurs

1000 enfants opérés du cœur en 3 ans

L'opération 1 000 Cœurs a un objectif clair : sauver 1 000 enfants porteurs de cardiopathies congénitales et rhumatismales au cours des trois prochaines années en les opérant au Centre de Fann de Dakar et à l’Institut de Cardiologie d’Abidjan.

L’opération, ouverte aux enfants malades non seulement du Sénégal et de la Côte d’Ivoire mais également des pays limitrophes (Burkina Faso, Mali, Togo), créera une dynamique de réseau entre les équipes médicales de la sous-région, facilitant l’harmonisation et la systématisation des procédures pour la détention, la prise en charge et le suivi des enfants cardiaques.

Dans le même temps, La Chaîne de l’Espoir mettra en place des programmes de formation universitaire et de perfectionnement de connaissances dans les domaines de la chirurgie pédiatrique, de l’échocardiographie et de la chirurgie cardiaque en partenariat avec la Faculté de Médecine de Dakar, la Faculté de Médecine d’Abidjan et la Faculté de Médecine Paris V.

Ces formations, ouvertes à tous les praticiens d’Afrique de l’Ouest (médecins généralistes, pédiatres, chirurgiens cardiaques, internes,…), s’étaleront sur une durée d’un à deux ans et seront sanctionnées par un diplôme interuniversitaire attribué par les facultés partenaires.

La Chaîne de l’Espoir pourra ainsi, dans la droite lignée de ses actions pluri-décennales, allier soins d’enfants en périls et formations d’experts locaux afin de créer une dynamique salvatrice pour ces enfants injustement condamnés.

 

Abidjan

De grands espoirs pour la médecine 

Les troubles qui agitent la Côte d’Ivoire à l’issue des élections présidentielles de décembre 2010 contraignent La Chaîne de l’Espoir à suspendre sa coopération avec l’Institut de Cardiologie d’Abidjan.

En 2012, la situation géopolitique se stabilise et favorise la reprise des activités de La Chaîne de l'Espoir à Abidjan.

La première mission de chirurgie cardiaque est programmée pour 2012. Une équipe de Nantes se rendra sur place pour opérer des enfants et pour assurer des séances de formation. 

La coopération avec l'Institut de Cardiologie d'Abidjan est capitale pour La Chaîne de l'Espoir et le développement de ses projets panafricains.

La reprise de l’activité opératoire dans l’Institut est essentielle au maintien  de la qualité des soins et à la prise en charge des enfants malades de la sous région Ouest africaine. La coopération avec l'Institut permettra également de maintenir à un haut niveau de performance la formation des praticiens. 

 

 

Sénégal

Une référence pour l'Afrique

Depuis 1989, La Chaîne de l’Espoir transfère en France des enfants sénégalais souffrant de pathologies cardiovasculaires pour les soigner.

Un protocole de coopération signé en 2000 officialise les missions chirurgicales menées par La Chaîne de l’Espoir à l’hôpital Le Dantec de Dakar.

L'accroissement des besoins dans la prise en charge des soins cardiovasculaires, les difficultés techniques rencontrées ont poussé La Chaîne de l'Espoir à envisager la création d'une structure nouvelle dédiée à la chirurgie cardiovasculaire disposant de ses propres locaux de consultation, d'intervention, de réanimation et d'hospitalisation.

Ouvert en 2004, le Centre de Chirurgie Cardiovasculaire et Thoracique de l’Hôpital Fann a été construit à l’initiative du Ministère de la Santé. Entièrement équipé par La Chaîne de l’Espoir, il est dirigé par le professeur Mouhamadou N’Diaye.

Cette structure entièrement adaptée à la chirurgie cardiaque a été agrandi d’un second bâtiment dédié exclusivement aux consultations en 2008. L’équipe de chirurgie cardiaque du centre a été formée en France (Hôpital Européen Georges Pompidou, CHU de Clermont-Ferrand) et, depuis 2008, les équipes médico-chirurgicales sénégalaises opèrent en toute autonomie tout au long de l’année.

L’ensemble du personnel infirmier a bénéficié d’une formation spécifique à la chirurgie cardiaque, élaborée par La Chaîne de l’Espoir, avec des cours théoriques et des mises en pratique assistées. Le Centre vient d’ouvrir un CES (Certificat d’Etudes Spéciales) en chirurgie cardiaque et thoracique visant les praticiens d’Afrique de l’Ouest. 

En 2011, La Chaîne de l'Espoir organise sa première mission panafricaine et transfert des enfants cardiaques du Mali vers le Sénégal. Des équipes françaises et sénégalaises opèrent 6 enfants cardiaques. Cette première mission est un modèle de développement pour l'Afrique. En savoir plus : consultez notre dossier 1000 coeurs du Mali au Sénégal.

Aujourd’hui, La Chaîne de l’Espoir, représentée par le professeur Alain Deloche et l’association Bambini Cardiopatici Nel Mondo, représentée par le professeur Alessandro Frigiola travaillent avec le Professeur Ibrahim Bara Diop, cardiologue au CHU de Fann et chef du projet,  à la création d’une unité de cardiologie pédiatrique à l’Hôpital de Fann : l’Institut du Cœur de l’Enfant.

 

 

Cameroun

Objectif : un Institut du Cœur 

La Chaîne de l'Espoir, en accord avec le Ministère de la Santé du pays, transfère des enfants atteints de graves pathologies, pour les y opérer. A ce jour, plus d’une centaine d’enfants ont bénéficié de ce transfert. 

La Chaine de l’Espoir et Le Dr Edwine Wawo, cardiologue au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé, travaillent ensemble sur un projet de construction d’un Institut du Cœur à Yaoundé.

Cet institut permettrait de former des praticiens locaux aux techniques modernes de chirurgie cardiovasculaire et d’étendre l’offre de soins dans la région centrale du pays qui est la plus peuplée.

Un projet à suivre sur ce site. 

Entretien

Alain Deloche, fondateur de La Chaîne de l'Espoir

Alain Deloche, s'entretien de l'Afrique aux dépêches de Brazzaville.

"Le Congo, c'est le pays où j'ai vécu deux histoires essentielles dans ma carrière. La première a pour nom Chancelle. Elle symbolise une intervention réussie sur une jeune patiente atteinte d'une malformation du coeur. Aujourd'hui, elle se porte bien : elle est mère de deux enfants, dont l'aîné s'appelle Sarkozy. La seconde est inhabituelle : dans un intervalle d'une vingtaine d'années, j'ai opéré du coeur le père Jean-de-Dieu puis son fils prénommé Divin.

Des centaines d'enfants ont été sauvés, et c'est une satisfaction de retrouver en consultation les anciens patients en présence des nouveaux.

Il est anormal que 40% des médecins formés restent dans le pays formateur. Il est temps que l'Afrique développe une coopération médicale Sud-Sud avec un parcours universitaire."

Consultez l'intégralité de l'entretien.