Dossier : Cambodge
Inondations au Cambodge
Octobre 2011: depuis deux mois et à cause de la saison des pluies, le Cambodge est victime de terribles inondations.
Le bilan des victimes compte au moins 230 morts à ce jour.
Le Dr Gérard Babatasi, chirurgien cardiaque et directeur médical de La Chaîne de l'Espoir en Asie, témoigne :
"Tout comme ici au Cambodge, mais aussi en Thaïlande, les inondations majeures dans ces pays (300 morts en Thaïlande et 230 au Cambodge) sont une véritable catastrophe humanitaire. Les villages inondés sont isolés et les enfants cardiaques, notamment ne pouvant plus joindre nos consultations ou se rendre au Pavillon des Enfants en préopératoire, se meurent.
Cette situation alarmante se prolonge et touche les enfants que nous suivons sur le plan médical, mais aussi sur le plan scolaire,… sans compter le riz qui atteint des prix astronomiques en raison du marché noir."
En plus des routes et des ponts coupés, environ 300 000 hectares de rizières ont été inondés. Les écoles et nos lieux d'intervention n'ont pas été épargnés… et une grande partie de notre activité est bloquée. Nous sommes en train d'évaluer les besoins afin de réparer les dégâts. Dès que la météo le permettra, nous relancerons dès que possible nos activités pour venir en aide aux familles les plus démunies.
Dès la création de La Chaîne de l’Espoir, nous avons opéré, en France, des enfants du Cambodge, victimes généralement de maladies cardiaques.
En 2001, nouvelle étape : nous avons ouvert, à Phnom-Penh, notre Hôpital de cardiologie destiné à traiter, sur place, nos petits patients.
Dix ans sont passés : les besoins sont toujours immenses, notre salle d’attente ne désemplit pas, les listes d’attente s’allongent.
Aux soins purement médicaux, nous avons ajouté un volet d’action : des programmes d’aide à l’éducation qui permettent de soutenir nos opérés dans leur intégration scolaire. Vélo, uniforme, livres et cahiers… nous offrons aux plus démunis les moyens de suivre une scolarité normale. Ces enfants à qui tout était refusé, désormais guéris de leur cœur défaillant, peuvent se construire un avenir serein.
Pour mener à bien ces actions et rendre notre travail plus efficace, nous avons renforcé notre équipe de Phnom Penh. Le Dr Gérard Babatasi, qui a été longtemps chirurgien cardiaque à Caen, a accepté de prendre à la fois la direction médicale de notre hôpital de cardiologique au Cambodge.
Le Pavillon des enfants
C’est une maison aux murs blancs. Elle fait face à notre Hôpital de cardiologie de Phnom Penh. Un jardin, une salle de jeux, des lits, une réanimation… C’est là que des enfants attendent l’opération qui les sauvera. C’est là que certains d’entre eux passent le temps de la convalescence. Ce Pavillon permet de prendre totalement en charge les enfants sans ressources. Il est aussi le centre d’espoir et de vie qui accueille les familles venues au chevet de leur enfant.

Actuellement, nous ne pouvons pas recevoir ici plus de 10 enfants chaque mois… Quand les services administratifs signalent que nous avons atteint ce terrible quota, l’intervention doit être reculée. Il faut alors décider : ceux-ci auront la chance de bénéficier d’une opération, ceux-là devront attendre. Choix insupportable !
Et tout cela sous le regard difficilement soutenable de la mère, qui ne dit rien mais comprend tout. Hélas, quand nous convoquons les petits malades, quelques mois plus tard, il est parfois trop tard.
Objectif 2012 : doubler le nombre d’enfants pris en charge, notamment grâce à un partenariat avec Khanta Bopha, association du pédiatre suisse Beat Richner. Nous pourrons alors recevoir 20 petits patients chaque mois au Pavillon des enfants.
Un discipline incontournable
En liaison avec les autorités sanitaires du Cambodge, La Chaîne de l’Espoir a pris l’initiative de créer un Centre de neurochirurgie à Phnom Penh. Cette discipline médicale et chirurgicale fait encore gravement défaut dans le pays.
Le projet a pour objectif de rénover le centre de neurologie de l’hôpital Calmette et de construire un nouveau centre pour former une unité indépendante. Ce sera un Centre de diagnostic, de suivi et de traitement. La Chaîne de l’Espoir s’est engagée à fournir les équipements médicaux et à former le personnel. Le financement des bâtiments sera assuré, lui, par le gouvernement khmer.
Nous avons établi des programmes de formation de haut niveau : plus de 45 neurochirurgiens, pédiatres, réanimateurs, chirurgiens pédiatriques, 50 étudiants et 30 internes en chirurgie ont d’ores et déjà bénéficié d’une formation dispensée par nos équipes lors de missions à Phnom Penh.
147 jeunes patients, atteints des pathologies neurologiques lourdes, ont bénéficié d’une intervention chirurgicale. Tout cela, évidemment, ne suffit pas. Seul le Centre de neurochirurgie pourra répondre à efficacement aux besoins.
Fonds de soutien pour les enfants opérés du coeur
Pour aller plus loin dans notre engagement auprès des enfants malades, nous prolongeons notre aide aux enfants opérés.
Depuis 2004, un fonds de soutien permet aux enfants les plus pauvres opérés au Centre Cardiovasculaire de Phnom Penh de prendre le chemin de l'école. Fournitures scolaires, uniformes, chaussures… aide alimentaire pour toute la famille sont remis tout au long de l'année à l'enfant.
Formation professionelle
Pour les enfants les plus grands, La Chaîne de l'Espoir participe à un programme d'insertion professionnelle. En partenariat avec Mith Samlanh / Friends, La Chaîne de l'Espoir permet à des jeunes en situation précaire d'accéder à un programme de formation professionnelle.





