Tout savoir sur la dysplasie de la hanche

En France, une simple échographie permet de dépister la dysplasie de la hanche dès les premières semaines de vie, ouvrant la voie à des traitements précoces et efficaces. Mais dans de nombreux pays où intervient La Chaîne de l’Espoir, le manque d’équipements et de spécialistes rend ce diagnostic et le traitement impossibles, ce qui met en péril la mobilité des enfants atteints. C’est pour combattre ce handicap que l’Association agit chaque année, à travers des missions chirurgicales, des campagnes de dépistage et la formation de chirurgiens orthopédiques locaux.

Qu’est-ce que la dysplasie de la hanche ?

Une jeune fille au Pavillon des Enfants à Kaboul

Définition de la dysplasie

La dysplasie de la hanche (ou dysplasie développementale de la hanche) est une malformation de l’articulation de la hanche qui peut être congénitale (présente dès la naissance) ou acquise. Elle se caractérise par un défaut de maturation de l’acétabulum (aussi appelé cotyle), autrement dit la cavité creusée dans l’os iliaque du bassin qui doit accueillir la tête du fémur. Si le cotyle n’est pas assez profond ou mal orienté, la tête fémorale n’est pas assez maintenue et peut alors se déplacer en dehors de sa position naturelle. Cette anomalie peut aller de la simple instabilité articulaire à une luxation complète de la hanche, c’est-à-dire un déboîtement.
Si elle n’est pas dépistée et traitée tôt, cette pathologie peut engendrer des douleurs chroniques, une boiterie, des déformations osseuses, voire une arthrose précoce.

Les différents types de dysplasie

On distingue plusieurs formes :
  • La dysplasie légère : la tête fémorale est alors bien en place, mais la cavité articulaire est peu développée ;
  • La subluxation : la tête du fémur n’est plus centrée, elle glisse partiellement hors du cotyle ;
  • La luxation : la tête du fémur est complètement sortie de la cavité articulaire.

La dysplasie de la hanche touche le plus souvent une seule hanche, mais il arrive que certains enfants présentent une atteinte des deux côtés : on parle de dysplasie bilatérale. Dans ce cas, le diagnostic est souvent plus difficile à poser, car les deux jambes ont une longueur similaire.

Les causes de la dysplasie de la hanche

Une jeune fille au Pavillon des Enfants à Kaboul

Origine congénitale ou acquise

La majorité des cas sont congénitaux. Les filles sont plus à risque que les garçons, de même que les enfants qui sont nés en premier.
La dysplasie peut avoir une origine héréditaire, ce qui justifie une attention particulière pour les bébés dont un membre de la famille a été atteint. Mais, au-delà des antécédents familiaux, plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de dysplasie de la hanche pendant la grossesse.
Dans de rares cas, la dysplasie peut aussi apparaître plus tard, à la naissance ou au cours de la croissance. On parle alors de dysplasie acquise.

Facteurs de risque chez le nourrisson

Le manque de liquide amniotique peut par exemple limiter les mouvements du fœtus et favoriser la survenue de la dysplasie de la hanche.
Les grossesses multiples (jumeaux, triplés, etc.) exposent aussi davantage à cette malformation, en particulier si les bébés sont confinés dans une position prolongée avec les hanches fléchies.
D’autres éléments, comme la réaction à certaines hormones maternelles (comme les œstrogènes), peuvent aussi être impliqués.

Dysplasie de la hanche chez l’enfant : quelles causes ?

Les différentes manières de porter les bébés selon les cultures semblent jouer un rôle dans le bon développement de la hanche de l’enfant. Porter son enfant dans un porte-bébé sur le dos ou sur le devant en « kangourou », favoriserait la maturation de l’articulation, tandis que le pouponnage et l’emmaillotage chez certaines populations (comme les Indiens ou encore dans certains pays de l’hémisphère nord, comme en Laponie ou en Mongolie) contribueraient à l’apparition d’une dysplasie développementale de la hanche.

La dysplasie de la hanche chez le nourrisson

Une jeune fille au Pavillon des Enfants à Kaboul

Dépistage précoce chez le nouveau-né

En France, le dépistage précoce est réalisé dès la maternité grâce à un examen clinique suivi d’une échographie des hanches vers la 4e à 6e semaine. Cet examen permet de détecter les anomalies de l’articulation avant même qu’elles ne provoquent des symptômes.
Mais dans la plupart des pays d’intervention de La Chaîne de l’Espoir, l’échographie n’est tout simplement pas disponible. Dans ces contextes, les anomalies passent inaperçues jusqu’à ce que l’enfant commence à marcher – souvent avec difficulté ou en boitant. C’est ce retard ou cette absence de diagnostic, ainsi que l’absence de traitements adaptés qui compromettent leur avenir.

C’est pourquoi La Chaîne de l’Espoir organise régulièrement des campagnes de dépistage, comme en Jordanie en 2024. Cette campagne nationale de dépistage des luxations congénitales de la hanche a permis de détecter précocement de nombreux cas chez des nouveau-nés jusque-là non suivis. Découvrir la campagne en Jordanie

Traitement de la dysplasie de la hanche chez le bébé

Dans les formes légères, découvertes dans les premières semaines de vie, on commence généralement par un traitement orthopédique simple. L’enfant porte une attelle de Tübingen ou une attelle d’abduction thermoformée, qui maintient les jambes dans une position écartée pour favoriser l’emboîtement naturel de la hanche.
Cette attelle doit être portée en continu (24h/24) pendant 3 à 9 mois, en fonction de l’évolution constatée sur les échographies et radiographies.
Dans les cas plus sévères, notamment en cas de luxation congénitale (la tête du fémur est complètement sortie de la cavité), il faut souvent intervenir de manière chirurgicale.
Une imagerie spécifique appelée arthrographie permet d’évaluer l’intérieur de l’articulation. Si la hanche peut être remise en place (on parle de réduction), elle est ensuite maintenue grâce à un plâtre pelvi-cruro-jambier (qui couvre le bassin, les cuisses et parfois les jambes). Ce plâtre est porté pendant 6 à 18 semaines, avec des contrôles réguliers et des changements toutes les 6 semaines.

Dysplasie de la hanche chez l’enfant

Une jeune fille au Pavillon des Enfants à Kaboul

Quand consulter ?

Passé l’âge du nourrisson, certains signes doivent alerter :
  • Boiterie à la marche,
  • Difficulté à écarter les cuisses,
  • Asymétrie des plis fessiers,
  • Ressaut lors du mouvement des jambes,
  • Retard dans l’âge de la marche.

Ces signes sont les plus fréquents chez les enfants atteints de dysplasie non diagnostiquée à la naissance, comme c’était le cas de la petite Josefa. Née à Rweished, une ville au nord-est de la Jordanie, cette fillette souffrait d’une forme sévère de luxation congénitale de la hanche. Elle ne pouvait pas marcher, ni jouer comme les autres. Grâce à un appel aux dons, elle a pu être opérée en France.

Quelle prise en charge de la dysplasie de la hanche chez l’enfant ?

Lorsque la dysplasie ou la luxation est diagnostiquée tardivement, le traitement repose le plus souvent sur la chirurgie orthopédique. Une traction au zénith est souvent proposée en premier pour détendre les tissus autour de la hanche.
Si la hanche ne peut pas être remise en place par une simple manipulation, une chirurgie appelée réduction ouverte est nécessaire. Cette opération permet d’ôter les tissus qui bloquent l’articulation, de resserrer les ligaments trop lâches et d’allonger ou de relâcher certains muscles pour permettre à la hanche de bien se positionner.
Dans certains cas, une ostéotomie pelvienne peut être ajoutée : il s’agit de remodeler l’os du bassin pour mieux couvrir la tête du fémur et stabiliser l’articulation. Après l’intervention, l’enfant porte de nouveau un plâtre pelvi-cruro-jambier pendant au moins 3 mois, parfois plus selon les cas.
Une phase de rééducation suit l’opération, avec le soutien de kinésithérapeutes spécialisés.
Grâce à ce parcours, Josefa a aujourd’hui retrouvé une partie de sa mobilité et peut envisager un avenir plus serein.

Dysplasie de la hanche chez l’enfant : quel dépistage ?

Un bilan radiographique s’impose devant tout doute clinique. Mais là encore, dans les pays en développement, la radiographie des hanches est souvent inaccessible. Seule une expertise orthopédique sur le terrain, comme lors des missions chirurgicales de La Chaîne de l’Espoir, permet de poser un diagnostic fiable.

Peut-on mourir d’une dysplasie ?

En soi, la dysplasie n’est pas une pathologie mortelle. Mais ses conséquences peuvent être graves : douleurs articulaires chroniques, déformations osseuses irréversibles, incapacité à marcher, perte d’autonomie, usure prématurée du cartilage… À l’âge adulte, elle peut aussi conduire à une arthrose sévère de la hanche, ce qui nécessite la pose d’une prothèse totale de hanche.
Dans les pays défavorisés, l’absence de soins adaptés peut engendrer une exclusion sociale, voire une mise en danger de la vie de l’enfant par incapacité à se déplacer ou à accéder à l’école. Pour éviter ces situations, La Chaîne de l’Espoir mène un combat de chaque instant.

Grâce à vos dons, l’association peut continuer à former des chirurgiens orthopédistes pédiatriques, à organiser des campagnes de dépistage précoce, à fournir des attelles et du matériel adapté ainsi qu’à financer des opérations chirurgicales pour les cas les plus urgents.

Aidez-nous à redonner aux enfants atteints de dysplasie de la hanche la liberté de courir, de marcher et de jouer.

Faites un don à La Chaîne de l’Espoir !

Crédit photo : La Chaîne de l’Espoir I Anne Gouvet

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