Devenir famille d'accueil

Avant de faire une demande pour devenir famille d'accueil, voici tout ce que vous devez savoir !

Depuis 1994, La Chaîne de l'Espoir prend en charge médicalement des enfants malades originaires de pays pauvres où ni les structures ni les ressources humaines ne permettent de répondre à leurs besoins de soins chirurgicaux. L’association opère donc près de 100 enfants par an dans les grands CHU de toute la France, en partie grâce à des familles volontaires qui les accueillent et leur apportent un cadre de vie stable et toute l’affection dont ils ont besoin lors de ce séjour.

D’où viennent les enfants ?

La Chaîne de l’Espoir vient en aide aux enfants étrangers démunis originaires d’Afrique de l’Ouest principalement : Sénégal, Mali, Burkina Faso, Togo, Bénin, Côte d’Ivoire, Congo-Brazzaville… 

Quel âge ont-ils ?

Pour des raisons médicales, les enfants sont âgés d’au moins 6 mois jusqu’à 18 ans.

De quelles pathologies souffrent-ils ?

Les enfants opérés dans le cadre de ce programme souffrent de pathologies cardiaques (95% des cas) – congénitales ou acquises (communication interventriculaire, interauriculaire, tétralogie de Fallot, insuffisance mitrale, etc…) ou exceptionnellement de pathologies orthopédiques, digestives ou nécessitant une chirurgie réparatrice.

Etre famille d’accueil, en quoi cela consiste-t-il ?

La famille d’accueil assure à l’enfant malade une stabilité émotionnelle et un cadre réconfortant dans cette étape douloureuse de sa vie. Il s’agit d’un accueil temporaire : elle prend en charge l’enfant de son arrivée à l’aéroport jusqu’à son retour dans sa famille biologique 2 mois après l’intervention environ. Elle l’accompagne aux rendez-vous préopératoires, lors de son hospitalisation et puis tout le long de sa convalescence. Les familles d’accueil sont bénévoles et ne touchent donc aucune rémunération. Les frais médicaux leur sont remboursés.
Accueillir un enfant malade, c’est être disponible 24H/24, 7J/7, durant toute la période où l’enfant est présent. Nous demandons aux familles d’accueil d’être véhiculées et d’habiter à moins d’une heure maximum du lieu d’hospitalisation.

Comment sont sélectionnés les enfants à opérer ?

La Chaîne de l’Espoir reçoit des dossiers médicaux envoyés par des correspondants locaux médecins. Les dossiers sont validés ou refusés selon la pathologie et la gravité de la situation par le comité médical de l’association. Nous étudions les coûts d’hospitalisation avant chaque décision car nous préférons donner une chance au plus grand nombre : c’est pourquoi ne sont pas pris en charge les cas de chimiothérapie/radiothérapie, les greffes, les maladies génétiques…

Comment devenir famille d’accueil ?

Le programme des Soins aux Enfants en France reçoit en entretien au siège de l’association à Paris pour les enfants opérés dans la capitale. En province, les responsables des familles d’accueil reçoivent également en entretien, en compagnie d’une famille d’accueil vous livrant son témoignage. À l’issue de l’entretien, La Chaîne de l’Espoir valide votre profil et vous bénéficiez d’un temps de réflexion. Un dossier complet vous sera par la suite demandé : informations administratives, charte des familles d’accueil, attestation médicale, etc…

Peut-on devenir famille d’accueil et travailler ? Et peut-on devenir famille d’accueil en étant célibataire ?

La condition essentielle pour devenir famille d’accueil est d'être disponible 24h/24 pendant toute la durée du séjour de l’enfant. De ce fait, il est impossible de travailler à ce moment-là (au moins une personne disponible dans le couple qui accueille). Une famille d’accueil peut-être composée d’un couple, d’un couple avec enfants, d’une personne célibataire, etc… la seule règle est que tout le foyer accepte la venue de cet enfant et soit prêt à partager des moments de bonheur mais aussi des moments difficiles.
Il est donc possible de concilier avec son travail à condition qu’au moins un membre du couple ne travaille pas (une personne célibataire et travaillant ne pourra donc pas accueillir un enfant malade).

Quand et comment la famille d’accueil est-elle prévenue de l’arrivée d’un enfant ?

Etant donné que la majorité des enfants que nous faisons venir se trouvent dans des situations d’urgence, vous êtes prévenus par téléphone environ un mois à l’avance. Si vous êtes disponible, nous vous envoyons le dossier de l’enfant concerné : origine, âge, pathologie, conditions de vie, vie familiale, goûts alimentaires, personnalité, peurs et appréhensions… Ce dossier vous permet de vous préparer au mieux à l’enfant qui sera bientôt chez vous.

Comme se passe l’arrivée ?

Les vols venant d’Afrique de l’Ouest sont très matinaux : il faut donc souvent aller chercher l’enfant vers 6h du matin. Vous êtes parfois seuls à l’aéroport, parfois accompagnés par des bénévoles, notamment en province. L’enfant arrive avec un bénévole d’Aviation Sans Frontières qui l’a accompagné pendant le vol. Puis vous ramenez l’enfant chez vous. C’est un moment difficile car ils ont subi une séparation d’avec leurs parents naturels, sont fatigués, se retrouvent dans un environnement qu’ils ne connaissent pas. Certains ne mangent pas, pleurent de longues heures… Les conditions d’accueil doivent alors être optimales pour l’enfant, qui va devoir s’adapter à son nouvel environnement et à une culture nouvelle. Vous devez faire preuve de patience, de calme et d’écoute. Les bénévoles de La Chaîne de l’Espoir sont alors disponibles à tout moment au téléphone pour vous aider et vous rassurer !

Comment est organisé le suivi médical ?

Dans le dossier que l’on vous remet sont notées les dates des consultations. Deux jours après l’arrivée de l’enfant, les rendez-vous médicaux s’enchaînent : cardiologue, chirurgien puis anesthésiste. Si le diagnostic est confirmé, l’enfant est prêt pour son opération. Une visite chez le dentiste est obligatoire pour les enfants cardiaques car un abcès dentaire l’empêchera de subir une opération du cœur. Vous êtes présents à toutes ces étapes avec l’enfant.

A-t-on des nouvelles pendant l’hospitalisation ?

Pour économiser une nuit en chambre, l’hospitalisation débute tôt le matin. Vous pouvez rester pour accompagner l’enfant jusqu’au bloc, mais après vous devrez rentrer chez vous. C’est un moment difficile pour vous et pour l’enfant, car le risque est présent. Dès que l’opération est finie, vous êtes tenu au courant de la situation et prêt à venir voir l’enfant le lendemain. Quand l’enfant est fatigué, rien ne sert de rester plus longtemps, il faut juste le réconforter.

Que se passe-t-il après ?

Après quatre à cinq jours si tout va bien, le patient est prêt à rentrer auprès de sa famille d’accueil. Une fois chez vous, vous verrez que les enfants ont une grande capacité de récupération. Si le médecin donne son feu vert, vous pouvez prévoir des activités, partir en vacances (pas hors Europe), c’est d’ailleurs comme ça que beaucoup découvrent la mer ou la neige. Si les directeurs d’école sont d’accord, il peut même aller à l’école, c’est bien pour les échanges culturels, sa stimulation et son intégration. Cette période de convalescence prendra fin à la validation du chirurgien pour repartir dans son pays.

Y a-t-il des soins à faire à domicile ?

Dans le cas où des soins sont à prodiguer, vous êtes entourés par La Chaîne de l’Espoir qui peut vous guider, et tout un personnel paramédical qui gravite autour de l’antenne régionale. Certains gestes peuvent être fait par vous-mêmes, comme par exemple nourrir un enfant par sonde ou lui changer un pansement. En cas d’urgence médicale, vous devez aller aux urgences les plus proches de chez vous ou appeler le SAMU.

La langue est-elle une barrière ?

Non. Les enfants se mettent très vite au français. Et puis on se débrouille toujours : on parle avec les mains, on fait des dessins, on se comprend. Au contraire, ce n’est pas la peine de passer systématiquement par un traducteur car l’enfant ne va plus faire d’effort pour s’adapter.

Ont-ils des habitudes alimentaires ?

Les petits mangent de tout, ce sont plutôt les adolescents qui ont déjà leurs habitudes alimentaires. Il ne faut pas toujours céder, faites-leur goûter des aliments nouveaux pour eux. Bien sûr, il faut respecter leur religion. Il faut savoir que les enfants malades du cœur arrivent souvent très maigres. Après l’opération, c’est une renaissance, une métamorphose même car beaucoup grandissent et grossissent.

Faut-il acheter des vêtements ?

Les enfants, surtout issus de la grande pauvreté, arrivent avec très peu d’affaires sur eux. En général, les familles d’accueil se prêtent des vêtements entre elles, en achètent ou en trouvent parmi ceux de leurs enfants et petits-enfants.
D’autre part, ce n’est pas obligatoire de les couvrir de cadeaux ! Il n’est pas question de leur offrir des jeux électroniques, par exemple, car chez eux il n’y a pas forcément d’électricité et ils ne peuvent pas racheter de piles. Même chose pour les cadeaux volumineux, ils ne pourront les ramener chez eux ! Emmenez-les plutôt faire des visites de choses qu’ils n’ont jamais vu ou fait !

Y a-t-il des difficultés de comportement avec l’enfant ?

Certains enfants peuvent avoir un fort caractère, amplifié par l’éloignement de leurs parents et de chez eux. Mais les enfants finissent par s’adapter, sauf rares exceptions qui sont difficiles pour la famille d’accueil qui devra alors faire preuve de patience et de compréhension. Les difficultés de comportements seront plus fréquentes chez les adolescents, période de rébellion et de désir de liberté pour la jeunesse, tout le monde le sait !

Arrive-t-il que des enfants décèdent ?

C’est déjà arrivé, en cas de complication au bloc ou des suites de l’opération. C’est important d’aborder avant le thème du deuil, de ne pas l’occulter. Même si c’est très dur, il vaut mieux ne pas rester sur ce moment difficile et accueillir à nouveau un enfant. Le décès et le deuil sont abordés différemment en France et en Afrique : dans des cas de décès, la famille de l’enfant accepte souvent mieux que nous cette disparition car l’enfant aura eu une dernière chance de vivre grâce à l’association.
Il arrive aussi que des enfants doivent repartir chez eux sans que les chirurgiens aient pu les opérer. C’est le cas lorsque le diagnostic initial fait dans le pays local de l’enfant n’était pas exact et que, une fois en France, les spécialistes découvrent une autre pathologie. Parfois, après avoir vu et revu l’enfant, ils estiment que l’opérer serait trop compliqué. Pour vous aussi, famille d’accueil, c’est un constat d’échec à accepter. Certains enfants sont malheureusement condamnés, et c’est pourquoi nous devons continuer à en opérer et à former les médecins sur place au diagnostic.

Faut-il prendre une assurance spéciale ?

Non, vous n’avez pas besoin d’une nouvelle assurance en plus de votre Responsabilité Civile. La Chaîne de l’Espoir fait valoir sa propre Responsabilité Civile pour l’enfant.

Doit-on être disponible tout le temps ?

Non bien sûr, à vous de nous prévenir de vos disponibilités et créneaux dans l’année. Il est évident que plus nous vous connaissons, plus nous nous adresserons à vous !

Alors, prêts ? Maintenant, à vous de nous contacter à soins-enfants@chainedelespoir.org si vous souhaitez plus d’informations pour devenir famille d’accueil et proposer votre candidature !