Revenir en arrière 09/06/2021 - journée mondiale contre la faim

Journée mondiale contre la faim 2021

Éliminer la faim dans le monde d’ici 2030, c’est l’un des 17 objectifs adoptés par la communauté mondiale en 2015. Malheureusement, si pendant un temps le nombre de personnes victimes de malnutrition n’a cessé de régresser, il est en constante augmentation depuis 2015. Et à l’aune d’une pandémie sans précédent, au 21e siècle, cet objectif « Faim zéro » est aujourd’hui plus que jamais compromis.

Les origines de la faim dans le monde

Chaque jour, environ 21 000 personnes meurent dans le monde de causes liées à la faim selon Arif Husains, économiste au Programme Alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies. Un chiffre effroyable aux multiples terreaux :

  • Les conflits : plus de la moitié des crises alimentaires aigües se déroulent dans des zones de conflits[i]. Dans ces régions, la faim est souvent instrumentalisée pour affaiblir la population. Elle devient alors une véritable arme de guerre, permettant d’asservir le peuple.
  • Les problèmes climatiques : sécheresse, canicule, inondations, tempêtes… Les catastrophes naturelles sont l’un des facteurs de la faim. Des phénomènes que le dérèglement climatique alimente de façon exponentielle.
  • Une répartition inégale des richesses : depuis toujours, les ressources alimentaires sont inégalement réparties à travers le monde. De telle sorte qu’il existe des régions arides, peu propices au déploiement de l’agriculture et donc, structurellement plus enclines aux crises alimentaires.
  • La pauvreté : par manque de moyens financiers, des millions de personnes sont privées de denrées alimentaires auxquelles elles pourraient pourtant avoir accès. Un mal qui affecte principalement les régions les plus pauvres, mais dont les pays riches ne sont pas à l’abri. Car il suffit d’un choc économique, pour qu’une situation bascule et plonge des millions de nouvelles personnes dans l’insécurité alimentaire. À l’image de la crise actuelle, provoquée par la pandémie de Covid-19 .

[i] Food Security Information Network, Global Report on Food Crises, 2020

Nos actions contre la faim au Togo

À Lomé au Togo, La Chaîne de l’Espoir lutte depuis plus de 10 ans contre la faim, à travers son programme de santé scolaire . De 2002 à 2012, elle met en place un service de repas par des « mamans cantine », auquel participent 9 écoles. Les enfants bénéficient alors d’un repas chaud par jour à l’école, servi ou vendu par 15 dames appelées « mamans cantine ».

En 2012, La Chaîne de l’Espoir lance le projet « Cantine pour tous », suite à la rénovation entière des bâtiments et à la construction d’un réfectoire à l’école Adjallé. L’opération permet de donner un repas à tous les enfants de cet établissement, provenant principalement de familles pauvres. Pour réaliser ce projet, 6 « mamans cantine » sont recrutées, formées et font l’objet d’un suivi dans leur tâche quotidienne. Les repas sont servis du lundi au vendredi, pendant la récréation. Cette aide alimentaire permet de redonner vie au fil des années à une école qui était en déclin. D’abord, en raison de l’état dégradé de ses bâtiments, mais aussi à cause des nombreux abandons, liés à la vulnérabilité des familles qui ne pouvaient pas payer les frais de repas de leurs enfants. Au cours de l’année scolaire 2020-2021, 847 élèves ont bénéficié de la cantine à l’école d’Adjallé, dont les frais ont été intégralement supportés par La Chaîne de l’Espoir.

Parallèlement à cette cantine, 9 autres « mamans cantine » s’occupent depuis 2012 du service des repas dans les établissements ne possédant pas de lieu réservé à la cuisson. La réalisation des collations se fait chez elles et les repas sont ensuite distribués dans les 9 autres écoles de Lomé, aux enfants identifiés comme plus vulnérables, suite à une enquête sociale (soit 679 élèves au cours de l’année précédente). Ce service de repas est soutenu par l’Agence Française de Développement (AFD) et La Chaîne de l’Espoir. À terme, en plus de l’aspect nutritionnel, l’objectif de ce programme est de réduire le taux d’abandon et d’absentéisme scolaire et favoriser l’augmentation du taux de réussite des élèves nécessiteux, vivant dans le quartier du grand Tokoin à Lomé.

Récemment, la formation d’une douzaine de « mamans cantine » s'est déroulée afin d’améliorer leur Connaissances-Aptitudes-Comportements (CAP). Lors des différentes séances, la méthode Nutricartes, qui privilégie une progression pédagogique, a été employée. À noter la participation de la représentante du Ministère de la Santé (Département Nutrition), qui connaissait elle-même cet outil et a apporté sa contribution.

Bilan de cette formation ? On s'aperçoit malheureusement que les « mamans cantine » privilégient encore trop souvent leurs habitudes alimentaires (riz, spaghettis, sardines...) et pensent trop rarement aux protéines végétales et aux fruits (alors même qu’elles consomment chez elles du jus de bissap, peu onéreux et plein de vitamines !). Cependant, les formateurs, qui ont depuis porté attention à la composition des repas, ont remarqué que davantage de légumes étaient utilisés.

Enfin, en partenariat avec l’ONG Antenna France, une étude pilote est actuellement menée sur les effets de la spiruline. Une micro-algue douce, riche en nutriments. L’objectif ? Analyser ses effets chez les enfants anémiques, scolarisés en CP dans l’école Adjallé, à Lomé. À terme cette étude vise surtout à lutter contre l’anémie, un mal silencieux présent sur l’ensemble de la planète (il touche environ 2 milliards d’individus et principalement les femmes et les enfants). Un trouble qui se traduit par une baisse du taux d'hémoglobine dans le sang, indispensable à notre organisme, puisque c’est elle qui permet de transporter l’oxygène vers les cellules. Dans ses formes les plus bénignes, les personnes anémiées ne ressentent aucun symptôme, mais dans les cas les plus graves, elles peuvent être victimes de fatigue, vertige, perte de poids…

Présente aux quatre coins du globe, cette pathologie trouve bien souvent son origine dans une carence en fer, puisque l’oligo-élément est indispensable à la fabrication de l'hémoglobine. Mais on l’ignore souvent, l’anémie peut également résulter d’infections (paludisme, vers parasites…) associées à la qualité, à l'assainissement et à l'hygiène de l'eau. C’est pourquoi, les enfants de certaines régions y sont plus exposés.

En Afrique de l’Ouest, l’anémie touche entre 40 et 87 % des enfants de moins de 5 ans. Ainsi, 117 élèves venant de Lomé, se sont portés volontaires (avec l’accord de leurs parents) pour recevoir une supplémentation par la spiruline, durant 3 mois. Avec l’espoir que la micro-algue, très riche en fer, aide à la fabrication de l’hémoglobine. À la fin de cette période, les valeurs d’hémoglobine à l’entrée et à la fin de l’études seront analysées. Permettant de juger des bienfaits ou non de la spiruline. Si l’étude venait à démontrer des résultats positifs, la spiruline serait un atout de taille pour prévenir les anémies, et par là même, améliorer l’état nutritionnel et renforcer la santé de millions d’enfants.

Nos actions contre la faim en Inde et au Népal

Dans de nombreux pays, déjà marqués par une situation instable avant l’épidémie de Covid-19, la crise sanitaire n’a fait qu’accroître la précarité. Elle a ainsi plongé une nouvelle partie de la population dans la famine. Comme en Inde, dans des quartiers de Jaipur, où de nombreux habitants se sont vus priver de leurs emplois journaliers (qu’ils trouvaient au matin et qui ne duraient que le temps d’une journée). Face au confinement et à l’arrêt de l’économie, ces personnes ont perdu leur unique moyen de subsistance. Conséquence : l’apparition d’un risque accru d’enfants des rues, qui cherchent eux aussi à nourrir leur famille ou fuir la misère pensant mieux vivre en ville. Pire encore, dans le plus grand des désarrois, certains enfants risquent d’être abandonnés par leurs parents. Pour empêcher que de telles situations se produisent, La Chaîne de l’Espoir a renforcé son soutien en Inde et au Népal, en faveur des familles qu’elle soutient depuis plusieurs années, à travers son programme d’accompagnement des enfants en situation de vulnérabilité face aux dangers de la rue. En mai et juin 2020, elle a ainsi distribué des packs de nourriture d’urgence, contenant : huile, riz, farine, lentilles, En Inde, cette aide a concerné près d’un millier de familles en 2020. Et face à la recrudescence des cas de Covid-19 dans le pays au début de cette année, l’opération a été étendue. Au Népal, ce sont des centaines de familles qui ont bénéficié de ces dons l’année précédente.

Nos actions contre la faim en Haïti

Haïti a aussi été impacté par la crise sanitaire. Dans le pays, nous intervenons dans le cadre de notre programme de santé scolaire et sommes partenaires de la Fondation Paradis des Indiens, qui gère 10 écoles sur l’île. Suite à l’arrêt des classes d’avril à juillet 2020, les élèves de ces établissements se sont retrouvés privés d’un accès à 2 repas chauds par jour. Pour pallier ce manque, La Chaîne de l’Espoir a subvenu aux besoins nutritionnels de 2 500 enfants et de leur famille à travers une aide exceptionnelle, s’échelonnant sur 3 distributions (d’une valeur de 120 000 euros). Les kits comprenaient de l’huile, des pâtes, du riz… (ainsi que des kits d’hygiène, des guides et affiches de sensibilisation aux gestes barrières à l’attention des professeurs et élèves). Aujourd’hui, devant l’augmentation du nombre de nouveaux cas sur le territoire, l’état d’urgence a à nouveau été mis en place le mardi 1er mai 2021. Une annonce synonyme d’une nouvelle fermeture des écoles et donc des cantines scolaires. C’est pourquoi, La Chaîne de l’Espoir procèdera encore au mois de juillet à une distribution de nourriture.

En parallèle de ces actions exceptionnelles, l’association tente de lutter de façon pérenne contre la faim en Haïti. Notamment au travers d’une sensibilisation autour de la nutrition, en direction de la communauté scolaire de nos 10 écoles partenaires. Des explications et conseils sont ainsi prodigués aux mamans, pour les aider à nourrir leurs enfants avec les aliments disponibles sur place. Enfin, tous les enfants bénéficiaires du projet de santé scolaire reçoivent un bilan médical annuel, afin d’évaluer une éventuelle malnutrition. Ceux-ci font ensuite, l’objet ou non, d’un référencement à un centre de nutrition.